Chroniques Euromédiennes

The World is mine

6/28/2008

La Habana

Voici donc le compte rendu de la journée du jeudi passée à La Havane. Toutes les photos du monde ne permettront pas de rendre compte de ce que nous avons pu ressentir lors de cette journée tellement spéciale. Pour tenter de comprendre, imaginez la situation suivante :

- 35°
- Un brouhaha permanent (voitures, klaxons, travaux, gens qui parlent fort)
- Une forte odeur que cela vienne des travaux comme de la saleté
- Des petites rues étroites dans la vieille Havane
- Un sentiment de ville en ruine

Tentez de garder ça en tête pendant la lecture de cet article, accrochez votre ceinture et ne sortez pas les bras tant que la manège n'est pas arrêté. La Havane, c'est parti !

Il est presque 11h lorsque le car sort du tunnel de La Havane, après presque 3h de route pour 130km, nous y sommes. J'avais bien lu le guide de voyage durant le début de la semaine, nous sommes censés arriver par l'Ouest de la ville et nous souhaitons aller à l'Est c'est-à-dire au centre ville. Le chauffeur annonce -de manière à peine audible- la premier arrêt. Stupeur les 3/4 des passagers descendent. "Tiens ils sont bizarres eux, ils descendent tous là alors que le centre ville est à l'autre bout de la ville".
Le bus reprend son trajet, nous passons l'université, le cimetierre Christophe Colomb puis pénétrons dans le quartier nommé El Nuevo Vedado. Bizarre, ce quartier est à l'Ouest de la ville. Ah mais j'y suis ! Nous venons de Varadero et Varadero est à l'Est de la Havane et non à l'Ouest ! Nous avons donc raté l'arrêt centre ville et nous retrouverons de l'autre côté de La Havane ! Cela nous coûtera une taxi...

Nous sortons du terminus du bus et cherchons un taxi. J'avais lu dans la guide de privilégier les Panataxis, pas chers et confortables, c'est le meilleur rapport qualité prix qu'ils disaient. Il y en a une flopée à la sortie du terminus, "parfait"me dis-je, tout fier que ma lecture soit tout de même utile. Un mec nous interpelle en Espagnol et nous demande si nous voulons un taxi, nous lui demandons le prix pour aller sur le Malecon (prononcé Maléconne), au niveau du Prado (Et oui le même nom que la où vous savez !). 10 pesos qu'il dit, soit, en rute ! euh en route !
Le mec nous demande de le suivre, nous passons un taxi, deux taxis, trois taxis puis il appelle un pote à lui qui arrive dans une voiture banalisée et lui annonce la direction. Nous nous retrouvons donc dans une voiture banalisée avec deux cubains direction l'autre bout de La Havane.....

Vous avez-dit flippant ?

Viviana m'engueule en me disant que je suis fou de faire ça, qu'à Mexico ça serait un coup à se faire tuer et que là ça va bien que nous sommes à Cuba. Je rigole car même si je sais qu'elle a raison, je trouve ça tellement plus marrant que de prendre le premier taxi qui passe. Atypique et pas très conformiste, un bon début de journée à La Havane....

http://www.dailymotion.com/spooooocky/video/10014707

Après 15 minutes de voitures, nous voici sur El Malecon. Ce nom désigne un grosse artère de 5km qui longe la mer au Nord de la ville. C'est un peu leur promenade des anglais à eux (dixit le guide de voyage). Un petit peu déçu à l'arrivée, c'est assez sale et surtout les façades sont très abimées par la mer. Elles sont cependant en pleine rénovation, d'ici quelques années cela devrait être encore plus beau.

Après avoir marché 20 minutes sous un soleil de plomb, nous décidons de rentrer dans la coeur de La Havane en prenant par hasard la première ruelle qui s'offre à nous. La visions que nous avons est quelque peu...surprenante mais magnifique.
http://www.dailymotion.com/spooooocky/video/10015504
Après avoir traversé plusieurs petits ruelles plus ou moins peuplées et nous être fait accostés par plusieurs Cubains ayant toujours quelque chose à vendre, nous arrivons sur une place centrale de La Havane : El Parque Central.

http://www.dailymotion.com/spooooocky/video/10014836

Autour de cette place se trouvent El Capitolio de Cuba, de beaux hôtels toussa toussa.

Des petites voitures bien sympatoches. Après avoir pris quelques photos, nous nous dirigeons vers El Capitol malheureusement fermé car les personnel est en pause déjeuner.

Au premier plan un magnifique vendeur de journal qui vient de m'apercevoir et viendra m'interpeller juste après, au second un Coco Taxi !
Petite expo de taxi au bas d'El Capitolio
Du haut des marches d'El Capitolio
Et du bas des marches
Le temps se couvre, une averse arrive !Après cette petite halte, nous repartons vers le centre de la Vieille Havane (La Habane Vieja) et passons tout d'abord par une usine de fabrique de cigares ou nous ne resterons pas car il y a trop de monde. Nous partons ensuite vers la Plaza Vieja, première des trois places que nous souhaitons voir.

Beaucoup de vieilles américaines en très bon état, d'autres un peu moins...Nous arrivons vers des endroits un petit peu plus touristiques de la Vieille Havane, cela se voit tout de suite, il y a plus de monde, plus de commerces, des belles rues pavées bref rien à voir avec La Havane que nous venons de voir.
Une petite averse mouille un petit peu la ville avant que le soleil qui reviendra bien vite ne sèche tout. Nous voici arrivés à la Plaza Vieja, nous en profitons pour manger dans un petit restaurant qui avait l'air sympathique (bâtiment jaune) mais assez décevant que cela soit par son service comme par sa nourriture.
Un café Paris, rue Obispo, ça s'invente pas !Photo de l'hôtel dans lequel résida Ernest Hemingway durant les années 30.Pour ceux qui comprennent pas le français, voici la version espagnol [:REDFACE]Après quelques rues touristiques, nous voici arrivés à la seconde place que nous souhaitions voir, La Plaza de Armas. Petite place pleine de verdure, des gens posés sur les rebords d'un mur, d'autres à la terrasse d'un café en train d'écouter une groupe local. je vous laisse apprécier par vous-mêmes...
http://www.dailymotion.com/spooooocky/video/10015147

La vie est cool en semaine à Cuba...
Enfin nous nous dirigeons vers la dernière place qui n'est autre que la Plaza de la Catedral (la place de la cathédrale quoi REDFACE). Sympa mais sans doute la moins jolie des trois que nous venons de voir.
J'ADORE la photo suivante, sutout grâce à la position du flic, c'est beau à voir !
La journée se termine, il est bientôt 6h, et nous devons repartir vers le terminus du bus pour rentrer à Varadero. Au détour du rue, Viviana me signale que cela ferait une belle photo, je me positionne et clic, c'est dans la boite. A l'arrivée, je trouve que c'est la plus belle photo de ma vie (sans retouche, brut de décoffrage).
Quelques messages de notre ami le très cher dictateur....
L'aventure ne s'arrête pas totalement là puisque lors de notre arrivée à Varadero à 21h, il n'y avait plus de navette. Nous avons donc du prendre un taxi et la rebelotte, un cubain nous propose de nous ramener pour 10 pesos que nous devons négocier afin qu'il nous ramène pour 6 pesos.

Je ne sais même pas en quoi expliquer en quoi cette ville m'a marqué. J'ai vraiment l'impression que quand on arrive là-bas, il faut oublier une bonne partie de nos repères et de nos critères. Tout est sale, tout est en bordel, les gens sont lents et ne se pressent jamais, il ne faut pas être exigeant concernant le service ni trop demander niveau amabilité. C'est aussi pauvre, très pauvre, chacun essaie de faire son business en accostant les touristes pour leur vendre ou proposer quelque chose. Paradoxalement les gens ne semblent pas malheureux, vivre dans ce qui seraient pour nous des taudis, sans eau ni électricité forcément courants ne semble pas les déranger.

De manière générale, La Havane est vraiment préservée de la culture Nord Américain (au sens figuré cela va de soit) et on est loin de la société de consommation que l'on retrouve partout et particulièrement en Am Nord. Lors de ma journée dans La Havane, j'ai encore plus pris conscience à quel point nous sommes agressés dans notre quotidien par différents messages nous incitant à consommer autant que possible que cela soit au travers des panneaux dans la rue, des devantures de magasin, des messages publicitaires quels qu'ils soient ou du comportement de chacun. On a comme l'impression d'être dans une société encore vierge de tout cela et les gens sont heureux comme ils sont et vivent en tout simplicité dans ce qui nous apparait être la pauvreté.